Inhumation et crémation : qu’est-ce que c’est ?
Ce que signifie l’inhumation dans la pratique
L’inhumation est l’action d’enterrer le corps du défunt dans un but de sépulture et de rendre hommage. Dans le langage courant l’inhumation est appelée “enterrement”. L’enterrement peut se faire jusqu’à 14 jours calendaires maximum après le décès. En cas de mort suspecte ou un suicide, ce sont 14 jours après l’autorisation du procureur de la République.
L’inhumation était le choix privilégié des français, mais d’après l’IFOP, en 2023, 50% des français préféraient l’inhumation à la crémation. Et à l’inverse 50% préfèrent la crémation.
La condition de l’enterrement est que le corps du défunt doit être enterré dans un cimetière, que ce soit dans un cercueil ou une urne. Elle peut s’effectuer de différentes manières :
- Tombe en pleine terre : trou qui accueillir un cercueil dans structure
- Caveau : trou avec une structure en béton qui peut accueillir plusieurs urnes ou cercueils
- Enfeu : niches construites dans un mur pour accueillir des urnes ou cercueils
L’inhumation ne peut pas se faire n’importe où, elle se fait là où :
- La personne résidait
- La personne est décédée
- Le caveau familial se situe
Il est obligatoire de posséder l’autorisation d’inhumation du maire de la commune choisie afin de procéder.
Le choix de l’enterrement ou non se fait quand le défunt a indiqué sa volonté d’être inhumé dans un contrat d’assurance obsèques ou par un proche lorsqu’aucune indication n’a été donnée.
Aussi, sachez que vous pouvez avoir un caveau temporaire dans les cas suivants :
- Construction d’une sépulture définitive
- Réparation dans la concession (caveau, tombe)
- Transfert à l’étranger
- Réduction du corps dans la concession
Ce que signifie la crémation dans la pratique
La crémation, parfois appelée aussi “incinération” est la deuxième pratique devenue récemment la plus populaire et autorisée en France. A l’instar de l’inhumation, la crémation doit se faire dans un délai de 14 jours calendaires à la suite du décès, sauf exceptions. Et le choix de la crémation est identique, soit c’est par un contrat d’assurance obsèques, soit par un proche en cas d’absence de celui-ci.
Cependant, cette pratique est un peu plus encadrée notamment de par l’incinération.
On retrouve les cas particuliers suivants :
- Défunt avec une prothèse à pile : un thanatopracteur doit la retirer et attester de sa récupération avant la mise en bière.
- Décès impliquant des problèmes médico-légaux : la police enquête sur la cause de la mort et ensuite le Parquet donne son autorisation pour la crémation.
- Corps placé dans un cercueil hermétique : le cas lors de transport depuis l’étranger. Ce cercueil ne peut pas être ouvert dans les 5 ans, ce qui rend la crémation impossible. Mais la solution reste de demander un transfert de cercueil apte à la crémation ou inhumer le cercueil hermétique.
La crémation est autorisée par le maire dans la ville de décès ou de mise en bière.
La plus grosse différence est la présence de cendres. Et ceci est aussi très encadré :
- Durée de conservation de l’urne : gardé jusqu’à 1 an par le crématorium
- Jardin/puits du souvenir : c’est une petite partie faite pour cet effet. Mais vous ne pouvez pas disperser les cendres vous-même. Il vous faut l’autorisation du maire, l’inscription du défunt dans le cimetière pour le recueillement et l’action doit être réalisée par un opérateur funéraire.
- Pleine nature : elle peut être faite par vous-même, vous n’avez pas besoin d’opérateur funéraire.
- Autorisée : lieu qui n’appartient à personne et ouvert, grande étendue comme un champ, prairie, forêt etc (peut être privée, mais nécessite l’accord du propriétaire). Mais aussi la dispersion est autorisée en pleine mer à plus de 300 mètres des côtes.
- Interdite : voie publique, lieu public, jardin privé, cours d’eau (pas toujours interdit)
- Propriété privée : nécessité d’une autorisation préfectorale et d’une sépulture
Comparaison entre inhumation et crémation : lequel choisir ?
Critère clef | Inhumation | Crémation |
Lieu de dépôt autorisé | Cimetière uniquement : Caveau, Tombe, Enfeu | Plus de flexibilité : Cimetière, columbarium, dispersion des cendres |
Déroulement de la cérémonie | Déroulement en une fois avec une cérémonie autour de la tombe au cimetière | Moins flexible : Déroulement en deux temps, une cérémonie au crématorium puis une autre au lieu de dépôt des cendres |
Entretien du lieu | Entretien régulier à la charge de la famille et potentiel renouvellement de la concession | Plus flexible : Cas de dispersion et columbarium : nécessite très peu d’entretien comparativementCas inhumation ou scellement : entretien proche d’une inhumation de cercueil, mais plus minime |
Mémoire et traditions | Une mémoire physique qui dure dans le temps, permettant un recueillement plus concret et stable pour faire son deuil. Renforcement de l’idée du “dernier lieu”. | Plus symbolique et permet la création de nouveaux repères. Cela peut être vécu comme une transformation ou libération car le deuil est moins matériel.La mémoire du défunt est plus éphémère en cas de dispersion des cendres. |
Religion et funérailles | Autorisé par les trois grandes religions monothéistes : Christianisme, Islam et Judaïsme | Autorisé par : les catholiques, protestants et est la principale coutume dans l’hindouisme et le bouddhisme.Interdite par : le Judaïsme, l’Islam et l’Orthodoxie |
Coût des funérailles | Le coût moyen d’une inhumation est généralement entre 4 000€ et 5 000€.Cela inclut les prestations obligatoires, les services courants, le choix des matériaux etc.Le prix est plus bas en province. | Le coût moyen d’une crémation est en général de 3 000€ à 4 500€.Cela inclut le crématorium, les matériaux, les services courants etc.Idem, le prix est plus bas en province. |
Autorisations et démarches nécessaires | Autorisation d’inhumation par le maire, choix et commande du cercueil, organisation du transport, éventuel achat ou renouvellement de concession, devis détaillé obligatoire de l’opérateur funéraire | Autorisation de crémation par le maire sur présentation des volontés du défunt ou de la famille et d’un certificat médical, retrait obligatoire de certaines prothèses à pile, choix de la destination finale des cendres à déclarer et à formaliser |
Impact de la concession | La concession (emplacement au cimetière) peut impacter sur le long terme la famille. Il y a un risque de perdre l’emplacement et donc le point de recueil si le dû n’est pas payé. | Si l’urne est inhumée, il y aura aussi un coût de concession, mais moindre au vue de la surface minime de marbrerie.En cas de dispersion, aucun coût de concession n’est impliqué. |
Adapter la sépulture à ses valeurs
Avec ce tableau vous pouvez avoir une vision plus éclairée de ce que les deux méthodes impliquent.
Le choix final restant vôtre, il peut être guidé par une idée plus :
- Traditionnelle et religieuse : dans ce cas-ci la voie de l’inhumation, qui est le mode traditionnel jusque récemment. Mais cela peut être aussi par religion, et l’inhumation est aussi le mode préféré.
- Symbolique : dans ce cas-ci, cela peut être la crémation ou l’inhumation. Mais le geste de la dispersion des cendres peut avoir plus de sens ici.
- Pécuniaire : dans ce cas présent, la voie de la crémation sera plus avantageuse et vous permet d’économiser près de 1 000€. Vous pouvez garder la symbolique de l’emplacement même avec une urne.
Ce choix reste très personnel, d’autant plus si le défunt n’a pas formaliser ses volontés. Prenez le temps de réfléchir à cette décision et discutez-en auprès de votre famille, proches.
Adapter son assurance obsèques selon le choix de sépulture
Prévoir ses obsèques permet d’éviter à ses proches une charge financière et organisationnelle importante. Pour autant, anticiper ne signifie pas figer définitivement son choix entre inhumation et crémation. Il est possible d’organiser le financement tout en conservant une certaine flexibilité.
Souplesse, bénéficiaires et clauses à surveiller
Un contrat en capital offre davantage de souplesse : les proches peuvent adapter l’organisation au moment du décès. Un contrat en prestations encadre plus strictement les choix, ce qui garantit le respect des volontés mais limite les modifications. Des formules mixtes permettent de combiner sécurité et adaptabilité.
Il est essentiel de désigner clairement le bénéficiaire et de formaliser ses volontés afin d’éviter tout désaccord familial, notamment si le choix entre inhumation et crémation n’est pas arrêté. Enfin, le contrat doit pouvoir être actualisé dans le temps pour rester cohérent avec l’évolution des coûts et de la situation personnelle.
Existe-il d’autres modes de funérailles ?
Oui, il existe d’autres modes, plus récents, cependant sachez qu’en France seules la crémation et l’inhumation sont autorisées.
Ces autres méthodes sont généralement décrites comme plus écologiques ou alternatives. L’unique autre funéraille autorisée en France sont les funérailles écologiques, car elles consistent à utiliser des matériaux plus durables et biodégradables.
Funérailles autorisées en France
Funérailles écologiques
Les cercueils utilisés sont en carton, bois non traité, linceuls en matériaux naturels.
En France, les cercueils écologiques en carton, bois certifié, osier sont autorisés s’ils respectent les normes (étanches, sans poignées métalliques, biodégradables et homologués).
Mais cela concerne aussi les funérailles avec la dispersion des cendres en pleine nature (hors voies publiques), en mer (> 300m des côtes) ou les jardins du souvenirs sont légaux en France. Cependant, cela doit respecter la dignité du défunt et vous devez faire une déclaration à la mairie du lieu de naissance du défunt et à la commune de dispersion (cas de pleine nature).
Funérailles interdites en France
Humusation
L’objectif de ces funérailles est de transformer le corps d’un défunt en compost grâce aux micro-organismes de la terre.
Le principe est le même que pour créer du compost, il s’agit de laisser le corps en contact avec la terre et de laisser le cycle de l’écosystème faire son travail.
Ce procédé est strictement illégal en France car la présence du cercueil est obligatoire.
Aquamation
L’aquamation est aussi appelée “Hydrolyse Alcaline”. C’est une méthode qui consiste à mettre le corps du défunt dans une cuve en acier dans un mélange d’eau et de l’hydroxyde de potassium afin de le dissoudre.
L’avantage premier est qu’elle est beaucoup plus économe en énergie et surtout n’émet pas de gaz à effet de serre ni de mercure.
Un autre avantage est qu’elle coûte moins chère qu’une crémation et revient à environ 350€.
Cette technique est interdite en France, mais suscite un intérêt.
Promession
La promession ou “cryomation” consiste à réduire le corps du défunt en poudre grâce à des vibrations et de l’azote liquide à -196°C. Ensuite, les “cendres” sont placées dans une urne biodégradable.
L’avantage est aussi que cela empêche l’émission de gaz et, généralement, devient du compost après un an.
Cette technique est aussi interdite en France, mais légale dans certains pays d’Europe.
FAQ : questions fréquentes des familles
Peut-on changer de sépulture après signature du contrat d’assurance obsèques ?
Oui, la Loi Sueur de 2004 rend possible de changer toutes prestations désignées lors de la signature du contrat.
Entres autres cela concerne :
- Prestations garanties
- Prestations non couvertes par l’assurance
- Choix de sépulture
- Organisation des funérailles
- Bénéficiaire
- etc
Combien de temps dure la crémation?
La crémation en tant que telle, c’est-à-dire le temps de réduire en cendre le corps, dure entre 1h30 et 2h.
La famille et les proches ne sont pas obligés d’assister à la crémation entière et peuvent quitter le crématorium.
Que deviennent les cendres après la crémation ?
En post-crémation, le crématorium laisse les restes osseux refroidir puis les place avec les cendres dans un broyeur. Tout est ensuite placé dans l’urne et remis à la famille avec le certificat de crémation et la plaque d’identification.
Combien de temps pour récupérer les cendres après crémation ?
Vous pouvez récupérer les cendres entre 2h à 24h après la crémation. Le crématorium vous préviendra dès que l’urne est prête. Si vous ne pouvez pas la récupérer directement, ne vous inquiétez pas, l’établissement garde jusqu’à 1 an l’urne.
Quels sont les trois types d’inhumation pour un cercueil ?
L’inhumation peut être faite de différentes manières :
- Inhumation en pleine terre : le cercueil est directement déposé dans la terre, sans fondations pourvues.
- Inhumation en caveau : ici le trou créé pour le cercueil possède une fondation et structure en béton étanche et isolé.
- Inhumation en enfeu : c’est une inhumation hors-sol dans un cimetière possédant des niches funéraires.









