Vente de SFR : que se passe-t-il ?
Depuis 2014, Altice France dirige SFR avec comme directeur général Patrick Drahi. Selon le CFE-CGC, l’entreprise de télécoms représente 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 8 000 employés et 25 millions d’abonnés en France. Et c’est surtout le deuxième concurrent sur le marché français des télécoms, c’est donc une opportunité de marché sans précédent.
Cependant, la maison mère, Altice France, est criblée de dettes et pour cette raison vend sa filiale SFR. En octobre 2025, des négociations sont entamées avec comme acheteurs : Bouygues, Orange et Iliade (entreprise mère de Free). La première proposition s’élevait à 17 milliards d’euros, qui a été refusée catégoriquement par Patrick Drahi. Les trois entreprises de télécoms maintenaient leurs positions et ce jusqu’en janvier 2026.
En ce début d’année, une nouvelle proposition a été lancée, un rachat à hauteur de 20 milliards d’euros. Cependant, à ce jour encore aucun accord n’a été trouvé (20 Minutes, 2026).
Cette négociation est centrale, elle permettra de connaître l’issue de SFR, d’Altice France, mais aussi et surtout des employés et des consommateurs.
Avec tant d’enjeux, les trois géants insistent sur une étroite collaboration afin que la transition se fasse correctement (Le Figaro, 2026).
Pourquoi vendre SFR ?
La vente de SFR n’est pas dû à un manque de rentabilité de l’entreprise, mais à la dette de sa maison mère.
En effet, SFR est détenu par Altice France, qui avait une dette de 24 milliards d’euros. Grâce à une restructuration en 2025, la maison mère a pu abaisser cette dette à 15,5 milliards d’euros, soit une diminution de 8,5 milliards d’euros (Le Monde, 2025). Cependant, elle se fait au coût de son capital qui a été donné aux créanciers. C’est ce que l’on appelle la “conversion de dette en capital”. C’est simplement le fait de transformer la dette en parts sociales, mais cela implique une certaine perte de contrôle.
La situation d’Altice reste compliquée et donc Patrick Drahi, le dirigeant de celle-ci, décide de vendre SFR afin de rétablir la situation de l’entreprise mère (Ouest-France, 2025).
Les acheteurs pourraient ainsi avoir accès au réseau fibre via la cession de la filiale XpFibre. C’est une entreprise qui loue notamment ses infrastructures à Orange, Bouygues Telecom et Free pour permettre la connexion internet.
Conséquences de la vente de SFR
Plusieurs incertitudes se posent quant au rachat du deuxième opérateur français. Que ce soit les employés ou les clients, le doute est de mise, mais certaines situations sont probables d’arriver.
8 000 emplois menacés
La première conséquence à être évoquée implique l’emploi. Les représentants des salariés dénoncent l’impact de la dette de la maison mère sur les filiales, aboutissant à la liquidation de celles-ci. En effet, durant ces dernières années, Altice France a aussi vendu 100% des parts d’Altice Media (BFMTV, RMC entre autres) pour alléger sa dette (Le Figaro, 2024).
Sauf que cette fois-ci, les 8 000 employés de SFR risquent de connaître beaucoup de licenciements. Les syndicats parlent de “casse sociale” et voudraient engager une discussion tripartite avec l’État, les entreprises de télécom et les syndicats. L’objectif est de minimiser l’impact social et les licenciements possibles (France Info, 2026).
SFR continuera-t-il à vendre ses services ?
Une autre menace qui plane concerne les clients directement, car on parlerait de répartir les clients SFR vers les nouveaux acheteurs.
En effet, le délégué syndical central CFDT, Olivier Lelong, annonce que la marque risque bien de disparaître pour de bon. En conséquence, le service ne serait pas délivré (Le Figaro, 2026).
Alors, les 20 millions d’abonnés de SFR, en faisant le 2e opérateur français, risquent d’avoir une migration forcée ou de voir émerger une nouvelle marque (France Info, 2025).
Les prix augmenteront-ils ?
La théorie du marché veut que lorsque l’offre diminue, ici le nombre de concurrents, alors le prix augmente. C’est un vrai risque que l’Autorité de la concurrence prend particulièrement à cœur.
Cependant, les entreprises de télécom assure que les prix n’augmenteront pas :
- Dans une interview sur France Info, Stéphane Dubreuil, spécialiste des télécoms, insiste sur le fait que Free ne compte pas augmenter ses prix. Cela fait partie de leur stratégie depuis des années et ils ne risquent pas d’abandonner cette stabilité.
- Un point crucial est pointé par Olivier Roussat, DG du groupe Bouygues, passer de 4 à 3 opérateurs télécom est possible, à condition de démontrer qu’il n’y aura pas d’inflation des prix (Le Figaro, 2026)
Donc les services de SFR risquent bien de s’arrêter, mais l’objectif est que cela ne se fasse pas au détriment des consommateurs.
Une vente qui prendra du temps
Pour l’instant les négociations restent actives et certes la transaction a une forte probabilité d’aboutir, mais le processus sera lent. Les estimations annoncent une durée entre 12 à 18 mois afin que l’Autorité de la concurrence étudie en détail le dossier (Le Figaro, 2026).















